Limes

Du bois à l’écriture : Episode 7

Voici donc la fin de l’usinage. 

Cette partie est simple dans le principe mais finalement assez « fine » et délicate. Elle n’est pas non plus exempte de danger et certaines précautions sont à observer…

Après l’article 6 nous avons un barreau de bronze dont la cote se rapproche de la cote finale.

En revanche ça ne ressemble pas franchement à un embout duquel sortirait une mine !

Plusieurs étapes vont être à réaliser : 

  • Un épaulement (qui va permettre d’enficher l’embout dans le tube laiton de la partie en bois)
  • Un usinage conique 
  • une mise en forme 
  • la finition

L’épaulement : 

Relativement simple, cet usinage est réalisé avec la même technique que la réduction du barreau, c’est-à-dire le chariotage.

Percaçage à 5.5mm
Il s’agit de la partie la plus proche du foret

Il faut réaliser sur 3 à 5mm de long, la longueur est peu importante pourvu que l’embout tienne bien. Et pour que le maintien soit efficace, il faut absolument observer une cote précise. En l’occurrence pour cette pièce il faut réduire le diamètre de l’épaulement à 6,4 mm. Si on loupe le diamètre final à 6,3mm la pièce ne tiendra pas correctement et il faudra forcément l’encoler, avec le risque d’endommager la surface du bois…

Un conseil : à partir de 6.6mm, vérifier la cote après chaque passe, cela évite les mauvaises surprises…

Passons à l’usinage du cône.

Pour cette partie, il faut disposer d’un chariot supérieur orientable. Nous ne déplacerons plus le chariot grâce à la vis mère qui permet de déplacer le porte-outil parallèlement au bâti du tour mais c’est le chariot qui va se déplacer sur le plateau supérieur et « rentrer » dans la matière selon un angle que nous aurons prédéfini.

Pour le calcul nous avons besoin de connaître le petit diamètre de la pièce, le grand diamètre de la pièce et la longueur de la pièce.

Calcul de l'angle d'un cone
Calcul de l’angle d’un cône

Ensuite on utilise la formule suivante et la table des tangentes ou l’arc tangente pour trouver l’angle du cône : 

((Grand diamètre – petit diamètre)/2)/Longueur du cône

Ici le grand diamètre est égal à 8,2mm et le petit à 3,2mm. La longueur est de 20mm

Donc : ((8.2-3.2)/2)/20 = 0.125

Tan-1 = 7.12°

Disons donc 7°

Il faut donc maintenant orienter le chariot transversal d’un angle de 7°. Sur les tours plus avancés que le mien, on peut vérifier précisément le positionnement. Dans mon cas, j’utilise une fausse équerre préalablement réglée avec un angle de 7° grâce à un rapporteur d’angle Veritas

Fausse equerre Stanley et rapporteur d'angle Veritas
Fausse équerre Stanley et rapporteur d’angle Veritas

Une fois ce réglage effectué je marque la pièce au marqueur pour repérer les 20mm à usiner

pièce marquée à 20mm
pièce marquée à 20mm

On peut commencer à charioter avec la manivelle du chariot supérieur, petit à petit pour ne pas prendre trop de matière et éviter ainsi d’endommager l’outil ou la pièce…

Usinage du cône en cours

Usinage du cône en cours

Forme du cone terminée
Proche de la cote finale, cône prêt pour la mise en forme

Le cône est maintenant formé mais reste à façonner la forme finale et faire la finition.

Cette étape fait partie des plus risquées. Comme nous allons le voir, l’utilisation de lime est quasi inévitable, sauf qu’elle est très fortement déconseillée. Ceci pour une raison simple, nous travaillons près du mandrin en rotation, mandrin dont les mors sont saillants. Si la lime ripe et se prend dans les mors, elle volera à travers la pièce et provoquera des blessures pouvant être graves…

L’autre solution plus sûre et celle à adopter consiste à avoir des outils de forme (outils de tour) qui permettent de façonner la pièce.

Donc, lunette obligatoire, grande concentration et vitesse de rotation la plus faible possible, c’est comme ça que je procède.

Ensemble des limes utilisées
Ensemble des limes utilisées

Les limes vont réaliser une première passe de finition en gommant les stries de l’usinage. Le reste est affaire d’imagination…

On voit apparaitre la mise en forme
On voit apparaître la mise en forme

Cette étape peut être longue en fonction de la forme choisie, les limes n’enlèvent que peu de matière.

Forme finale et finition au papier de verre effectuées
Forme finale et finition au papier de verre effectuées jusqu’au grain 1200

Il faut ensuite passer de la toile émeri ou du papier de verre spécial métal, ici jusqu’au grain 1200 puis à la laine de verre 000

Sur certains embouts, en fonction de la matière, il est possible d’iriser la pièce en la chauffant au chalumeau.

Embout bronze irisé
Embout bronze irisé

Après cette étape, il restera l’assemblage, qui, si tout a été bien fait avant, est relativement simple…

La suite et fin au prochain épisode !

 

A bientôt

 

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