Carrelets sur mandrin

Du Bois à l’écriture : épisode 4

Nous y voilà !

Tout est prêt pour tourner ce stylo.

Nous avons donc nos deux carrelets (au passage, il est possible de poncer les angles des carrelets avec une ponceuse lapidaire, pour limiter les risques de plantage durant le tournage, mais en y allant tranquillement avec des outils bien affûtés, il n’y a généralement aucun souci).

Il va nous falloir certains équipements pour poursuivre les opérations.

Le premier est bien sûr le tour.

De préférence un tour à bois. Néanmoins, et c’est mon cas, on peut utiliser  un tour à métaux. Il faudra quand même passer par quelques adaptations.

Ayant un atelier limité en taille, j’ai fait ce choix car nous le verrons plus tard, le tournage des parties métalliques de monture se fait obligatoirement au tour à métaux.

 

Tour à metaux
Petit tour à métaux qui sera aussi utilisé pour du bois. Comme vous pouvez le constater, le porte-outil ne convient pas pour les outils à bois, il y a donc une adaptation à réaliser.
Quel que soit le tour, il va falloir un « mandrin » spécifique pour tenir nos carrelets.

Ce mandrin est généralement constitué d’un cône morse, d’une tige et d’un système de serrage des carrelets.

Il est tout à fait possible de le fabriquer soi-même, mais attention, il faut que toutes les pièces soient parfaitement concentriques. Dans le cas contraire l’assemblage des parties mécaniques ne sera pas parfait. On peut également le fabriquer en bois mais attention à la flexibilité de l’essence employée, encore une fois pour des raisons de concentricité.

Mandrin stylos

J’ai choisi d’en acheter un déjà usiné, en l’occurrence ce modèle.

Il s’agit d’un modèle très simple mais qui est suffisant.

Il existe des modèles plus robustes et plus pratiques comme celui-ci.

On peut aussi ajouter une contre pointe spécialement prévue qui viendra épouser parfaitement la tige du mandrin, rigidifier l’ensemble et augmentera la précision.

Chacun sa manière de tourner, mais ces accessoires, bien que confortables, ne sont pas indispensables. Je n’ai aucun problème de concentricité lors des assemblages, avec un peu de pratique et de doigté, on peut s’en passer.

Il nous reste un dernier « accessoire » quasi indispensable, il s’agit des bagues de mandrin.

Exemple de bagues de mandrin
Exemple de bagues de mandrin

Il en existe un nombre impressionnant, de différentes tailles. Elles sont à choisir impérativement en fonction du mécanisme ou à fabriquer soit moi-même si le mécanisme est de fabrication maison. Elles s’utilisent une dizaine de fois avant remplacement car la cote sera alors perdue.

Ces bagues se glissent sur le mandrin et s’insèrent dans le tube en laiton du carrelet. La jonction entre la bague et le bois doit être parfaite (d’où l’intérêt de l’arasement vu dans l’épisode 3). Ces bagues servent à atteindre exactement la cote sur le bois pour que la  jonction entre le mécanisme et le bois soit parfaite.

Carrelets sur mandrin
Ici, 3 bagues sont montées (à gauche, au centre et à droite des carrelets)

A propos de l’utilisation du tour à métaux pour le bois :

Bien que cette solution soit possible il y a tout de même certaines précautions à observer : 

  • Le porte-outil pour les tours à métaux et à bois n’est pas identique :
    • Voici le montage que j’ai réalisé à partir d’une chute d’aluminium et d’un porte-outil à bois. Je me sers du chariot transversal pour fixer la plaque en alu et je fixe le porte outil à l’aide d’une vis dans le support en aluminium.

porte outil bois

  • Le Mandrin est également différent :
    • En général pour les tours à bois, il s’agit d’un mandrin à 4 mors courbes qui permettent d’enserrer le bois sans le marquer (en compression ou en extension). Pour les tours à métaux il s’agit souvent de mandrin à trois mors (mais aussi 4) généralement en forme de « V » qui permettent un serrage puissant des pièces mais marqueront sans aucun doute le bois ou le feront exploser ; il est possible d’utiliser des griffes d’entraînement ou entraîneur qui elles pourront se fixer dans le mandrin du tour à métaux.
  • Le nettoyage :
    • l’usinage de métaux requiert souvent une lubrification par corps gras. Il faudra donc bien nettoyer le banc du tour et surtout les glissières de tout corps gras lors de l’usinage de bois, et inversement, bien nettoyer la sciure avant le tournage de métaux. En effet la pâte créée par la lubrification et la sciure risque d’endommager le banc.

 

Nous voici donc avec nos carrelets installés dans le tour, il va maintenant falloir mettre au rond les carrelets :

C’est maintenant qu’il faut laisser cours à son imagination, c’est elle qui définira la forme finale du stylo !

Seule obligation : il faut que le bois affleure parfaitement la bague, comme c’est le cas à droite sur l’étape 3.

Forme finale
Forme finale

Au sujet des réparations : 

Même en prenant toutes les précautions, il arrive parfois de casser le carrelet durant le tournage, souvent sur quelques millimètres.

Lors de la fabrication de mes carrelets je prévois toujours une taille supérieure à mon besoin afin de palier ce genre de surprise comme ici :

 

Carrelets sur mandrin endommagé 

Je retire la partie endommagée, je recolle sur le tube une partie de carrelet « de secours » et je relance le tournage :

 

Carrelets sur mandrin endommagé reparation 1
tournage de la réparation pour retrouver la forme initiale.

La photo de la forme finale a été faite après cette réparation, l’aviez-vous remarqué ?

Pour les tout petits accros il est également possible de récupérer un peu de ponce du même bois et la coller sur le carrelet avec de la colle cyano, retourner la pièce après séchage afin d’enlever les traces de colles….

 

Le tournage à proprement parler est maintenant fini, cette étape prend généralement autour d’une heure, une heure et demie, en fonction de la forme…

Maintenant place à la finition de la partie bois dans le prochain épisode…

A bientôt

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