Padouk Erable après poncage

Du Bois à l’écriture : épisode 3

Nous avons donc maintenant un carrelet réassemblé en damier.

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Carrelet reformé, le damier est maintenant présent sur les quatre faces

Comme vous l’avez remarqué, le corps du stylo est composé de deux ou trois parties :

Les parties hautes et basses, ainsi que l’éventuel bouchon que je n’aurais pas besoin de réaliser dans le cas présent.

Il faudra également insérer le mécanisme du stylo pour y ajouter la mine, la partie « tournante », les montures etc.

Pour ce faire, il nous faut des tubes en laiton.

Ces tubes peuvent être de différents diamètres en fonction du style du stylo et de la taille des mécanismes.

Ici ce sont des tubes de 7 mm

Tube laiton 7mm

Je dois donc couper le carrelet en deux parties qui vont correspondre à la taille du tube de laiton (et donc du corps du stylo) avec 1mm de chaque côté en plus, percer le carrelet, encoller les tubes et les insérer.

On commence par couper le carrelet aux dimensions du tube.

On perce le carrelet de part en part.

Pour cette opération, j’ai essayé les forets bois classique, les forets HSS métal, et les forets Bois HSS Colt.

Les Colt sont qualitativement au-dessus , percent droit et net et surtout évitent l’éclatement en sortie de bois. Ils ne sont certes pas donnés mais c’est un investissement indispensable.

Pour cette opération, il faut impérativement que le carrelet soit maintenu bien droit dans l’axe du foret. J’ai essayé plusieurs fois de positionner le carrelet dans un étau standard, utiliser une équerre pour le positionner, il y a toujours un décalage.

Dans mon cas un étau de perçage spécifique ne me semblait pas idéal, cela m’imposait de changer entre celui-ci et mon étau classique à mors plats. J’ai opté pour des mordaches aimantés qui me donnent entière satisfaction. Leur positionnement est simple et rapide.

Après le perçage, on peut maintenant insérer les tubes.

Au préalable je ponce légèrement les tubes en laiton, cela va permettre que les tubes collent parfaitement.

Je les recouvre, d’une fine épaisseur de colle cyanoacrylate, et j’insère les tubes dans les carrelets : attention à ne pas se coller les doigts !

Il existe des « insert tube » qui facilitent cette opération. Personnellement je me le suis fabriqué à partir d’une chute d’alu, c’est très simple si on a un tour à métaux…

insert tube

Carrelets découpés et tubes insérés
Carrelets découpés et tubes insérés

Nous avons maintenant deux carrelets presque prêts à être tournés…

Dernière étape : l’arasement des carrelets.

Cette dernière étape est importante, elle va permettre d’avoir un carrelet dont les extrémités seront droites et parfaitement affleurantes au tube de laiton.

Pour que le corps soit parfaitement « jointif » avec les pièces de monture, il est impératif de réaliser cette opération.

Pour cela on utilise un araseur souvent couplé à un alésoir qui, lui, permet de nettoyer l’intérieur du tube des éventuelles trace de colle.

Fraise à arraser et alésoir

Je n’utilise pas l’alésoir, en général un petit coup de papier absorbant suffit amplement après l’opération de collage.

Au sujet de l’araseur, j’ai été obligé de l’affûter à réception. Le premier essai m’a coûté un carrelet qui a été détruit lors de l’entrée en contact avec la fraise. Plus de soucis après l’affûtage. Je trouve quand même cela un peu dommage, d’autant que l’affûtage de cette fraise n’est pas simple… Dans tous les cas, il faudra y aller très doucement, surtout sur un carrelet recomposé !

 

carrelets arasés Cocobolo-Morta
carrelets arasés Cocobolo-Morta, on voit que le tube en laiton est légèrement abrasé

Voilà nous sommes fin près à tourner, faites chauffer le tour, affûtez vos outils et laissez libre cours à votre imagination, la suite au prochain épisode !

A bientôt

 

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